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Comment se calcule la valeur d'une société non cotée ?

05-12-2023

La valorisation des sociétés cotées en Bourse, un indicateur quotidien

Les sociétés cotées sur un marché boursier (Euronext, NASDAQ, etc) ont un cours de bourse qui varie chaque jour en fonction de l'offre et de la demande. Ces dernières évoluent elles-mêmes en fonction de nombreux critères. Par exemple, une société peut végéter en bourse, malgré ses bons résultats, car œuvrant dans un secteur délaissé par les investisseurs. De même, la Bourse varie en fonction de critères macro-économiques comme les taux d'intérêt, le prix des matières premières, la santé économique du secteur ou encore le degré de confiance des investisseurs... Une hausse ou une baisse brutale des marchés entraîne avec elle toutes les sociétés cotées !

C'est la raison pour laquelle la valeur d'une société cotée (son cours de bourse) ne reflète pas toujours sa véritable valeur économique. Mais qu'importe, lorsque j'achète en bourse une action dont le cours est de 100 euros, je considère que sa valeur est de 100.

Comment se calcule la valeur d'une société non cotée ?

A l'inverse du cours de bourse qui varie chaque jour, la valorisation d'une société non cotée ne sera actualisée que très rarement. Par définition, au moins une fois par an, lorsque la société arrête ses comptes annuels. On a alors une "photo" récente qui reflète la valeur à un instant T (par exemple le 31 décembre de l'année). Une société peut aussi décider de procéder à une "situation semestrielle" pour connaître ses comptes à la mi-année. 

Un autre cas de figure concerne le "changement de périmètre" : si une société en rachète une autre, il est évident que sa valorisation s'en trouvera réévaluée d'autant. 

Quelles sont les principales méthodes de valorisation des sociétés non cotées ?

Les plus courantes sont :

  • La méthode patrimoniale : elle consiste à valoriser les actifs de la société, à savoir ses immobilisations, ses stocks, ses créances et ses liquidités.
  • La méthode des multiples de bénéfices : elle consiste à multiplier le bénéfice net de la société par un coefficient, le PER (Price Earning Ratio). Ce coefficient est souvent corrélé au secteur d'activité de la société : les secteurs technologiques ou à forte valeur ajoutée bénéficient d'un PER élevé, les secteurs plus traditionnels ont un PER plus faible.
    • Exemple : si une société a dégagé un bénéfice de 1 million d'euros et que le PER est de 7, la valorisation de la société sera de 1 million x 7, soit 7 millions d'euros. Ce résultat sera alors divisé par le nombre d'actions composant le capital social pour obtenir la valeur d'une action. Si le capital se compose de 10.000 actions, la valeur de l'action sera de 7 millions/10.000, soit 700 €. Il s'agit là d'un exemple volontairement simpliste, d'une part car il existe différentes méthodes de valorisation, d'autre part car on combine souvent plusieurs critères pour s'approcher au plus près de la valorisation reflétant au mieux la  société. 
  • La méthode des flux de trésorerie : elle consiste à valoriser les flux de trésorerie futurs de la société.

La valorisation d'une société non cotée est plus complexe que celle d'une société cotée. Elle nécessite une analyse approfondie des performances économiques de la société et de son environnement et permet d'obtenir une estimation fiable de la valeur de la société.

Quelles conclusions en tirer ?

On l'a vu, le cours de bourse est sujet à de nombreux facteurs exogènes qui n'ont rien à voir avec les performances financières des sociétés. Certaines en bénéficient, d'autres en souffrent. Et ceci varie dans le temps, au gré des grands mouvements, voire des modes ! Certaines sociétés, dites "cycliques", vont ainsi bénéficier de la faveur des investisseurs à certaines périodes. Et que dire de l'esprit moutonnier des investisseurs boursiers qui, en suivant le mouvement, ne font que l'amplifier, à la hausse comme à la baisse, quand il ne s'agit pas d'algorithmes déclenchant des ordres d'achat ou de vente.

Nul effet similaire dans le non coté. La nécessité de recourir à un process de valorisation permet de s'approcher plus sûrement de la valeur objective de la société. Et les mouvements systémiques qui affectent les marchés boursiers, d'un bout à l'autre de la planète, restent à la porte des sociétés non cotées. 

On pourra en revanche leur reprocher de ne pas proposer à leurs actionnaires la "liquidité" que confère la Bourse. Ceci reste théorique car de nombreuses small ou midcaps cotées ont de faibles transactions. Quant aux sociétés non cotées, il existe maintenant des outils qui leur permettent de faire comme en Bourse... sans la Bourse.